De plus en plus de Québécoises et de Québécois ont du mal à se loger et à joindre les deux bouts. Nos services publics sont affaiblis par l’austérité et la centralisation. Nos gouvernements ne font rien face à la crise climatique.
Nous ne pouvons rester silencieux devant des gouvernements qui jettent l’éponge au lieu de résoudre les problèmes qui préoccupent les gens. Nous devons faire front.
Nous allons faire front pour un Québec qui répartit mieux la richesse et qui aide tout le monde à joindre les deux bouts.
Faire front pour élire un gouvernement qui passe moins de temps à se pavaner avec les patrons.
Nous devons faire front pour un Québec qui s’occupe de son monde et qui mise sur nos services publics en cessant de nourrir la bête de la privatisation.
Nous allons faire front pour la planète et pour que nos gouvernements cessent de remettre à plus tard les actions à mener face à la crise climatique.
Nous allons faire front pour un Québec qui se relève les manches et développe de grands projets de transport collectif.
Un Québec d’abord et avant tout pour celles et ceux qui le façonnent chaque jour : les travailleuses et les travailleurs.
Face aux attaques à nos droits et à notre État social, nous devons résister et exiger un autre Québec. À quelques mois des élections, faisons-nous entendre. Les raisons de faire front ne manquent pas. En voici cinq.
Les inégalités sociales ne cessent de croitre. Pendant que les plus riches s’en mettent plein les poches, des milliers de Québécoises et de Québécois ont de la misère à joindre les deux bouts. L’inflation fait mal. La facture d’épicerie grimpe sans arrêt. Même chose pour les loyers.
Au Québec comme ailleurs, il y a d’un côté plus de riches et, de l’autre, plus de pauvres. Entre les deux, la classe moyenne vit des temps durs. De 2020 à 2024, l’augmentation du revenu disponible s’est concentrée chez les Québécoises et les Québécois les plus riches, alors que le revenu des plus pauvres a diminué.
Ça fait des années que les fortuné-es nous disent qu’ils sont essentiels pour « créer de la richesse ». Mais, pour que toute la population bénéficie de la création de richesse, il faut que celle-ci soit redistribuée. C’est pourtant le contraire qui est fait depuis des décennies : l’imposition des plus riches est diminuée, ce qui réduit conséquemment les revenus de l’État. La baisse d’impôt octroyée aux particuliers en 2023-2024 cause un manque à gagner récurrent pour l’État de 1,8 milliard de dollars. Cette baisse profite surtout aux contribuables gagnant autour de 100 000 $ alors que le revenu médian des Québécois était de 43 900 $ en 2022… et celui des Québécoises de 39 400 $. Résultat des courses : les citoyennes et les citoyens payent davantage pour une diminution de services, pendant que les plus favorisés partagent moins et sont peu affectés par la baisse de services.
Ça ne peut plus durer. Nous devons exiger un meilleur partage de la richesse. Nous devons prendre les moyens pour que notre État social puisse prendre soin de tout le monde. C’est pour ça que nous devons faire front pour que la richesse soit redistribuée.
Le gouvernement caquiste est devenu obsédé par les syndicats et les contre-pouvoirs. Il a fait adopter la loi 14 pour freiner le droit de grève. Il s’est retiré de ses obligations en matière de santé et de sécurité du travail envers ses propres employé-es du secteur public, en adoptant le projet de loi 101.
Tout cela s’inscrit dans une tendance préoccupante du gouvernement. Assez pour que le Barreau du Québec et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse s’inquiètent d’une dérive autoritaire.
Une constitution ne devrait pas s’écrire derrière des portes closes. C’est pourtant ce que la CAQ veut faire avec son projet de loi 1. Ce dernier a une intention liberticide alors qu’il interdit à un ensemble de groupes de la société civile de contester les lois adoptées par l’Assemblée nationale.
Avec son projet de loi 3, le gouvernement ajoute des obstacles pour empêcher les syndicats d’agir dans l’espace public et de défendre les salarié-es.
En s’en prenant aux contre-pouvoirs, le gouvernement affaiblit le filet social, en plus de cibler des boucs émissaires pour faire oublier son mauvais bilan.
Bien des Québécoises et des Québécois sont inquiets de l’avenir des services publics. La CSN partage leur inquiétude. Il est possible de faire mieux ! Mieux que l’état de nos écoles et de nos hôpitaux. Mieux pour les milliers de familles qui attendent une place en service de garde. Mieux pour celles et ceux qui ont besoin des services publics pour vivre décemment.
L’État social n’a plus les moyens de ses ambitions après des années d’austérité. En plus d’être diminués, les services publics sont transformés pour mieux profiter au secteur privé.
Plus de 30 000 enfants sont en attente d’une place dans un CPE ou dans un service de garde en milieu familial régi et subventionné. L’inaction gouvernementale place de nombreux ménages dans une situation précaire.
Avec la ségrégation scolaire, les parents mieux nantis envoient leurs enfants dans les écoles privées. Les autres se tournent vers l’école publique « régulière », qui manque de ressources. L’école publique a de plus en plus de mal à répondre aux besoins des élèves, alors que le personnel est à bout de souffle et qu’il subit une vague inquiétante de violence. En 2025, un sondage dévoilé par la Fédération des employées et employés de services publics–CSN démontrait que plus de la moitié du personnel de soutien scolaire a été victime de violence.
La privatisation en santé et en services sociaux permet aux plus riches de se payer des soins dans des cliniques privées. Les autres attendent pour avoir accès au réseau public. Pendant le règne de la CAQ, le nombre de médecins travaillant au privé a augmenté de 82%. Cette privatisation ne fait qu’accentuer la pression sur le personnel travaillant au public, toujours plus surchargé. Les ressources qui délaissent le réseau public pour le secteur privé ne font qu’aggraver la crise et allonger les délais d’attente pour les patientes et les patients. Comme si ce n’était pas suffisant, le réseau subit une énième réforme où la centralisation se concrétise dans une bureaucratie inutile.
Nous devons faire front pour avoir droit aux services publics que nous méritons. Des services humains, donnés partout au Québec !
La crise climatique est à nos portes. Les inondations et les vagues de chaleur ne sont que les parties les plus visibles de l’avenir qui nous attend si nous ne faisons rien. Pourtant, nos gouvernements n’agissent que timidement. Pire, ils profitent de l’arrivée de Trump pour en faire encore moins.
Faisons front pour exiger des mesures afin d’enclencher la transition juste. Nous devons transformer notre économie pour créer des emplois d’avenir et aider les travailleuses et les travailleurs des secteurs touchés par la transition verte.
Investir dans le transport collectif est un exemple concret d’action urgente à mener, aussi bien pour créer de bons emplois que pour protéger l’environnement. Le sous-financement gouvernemental force les sociétés de transport à recourir à la sous-traitance, ce qui occasionne une diminution de la qualité des services pour les usagères et les usagers. Le gouvernement de la CAQ n’en a que pour l’asphalte et le troisième lien. Il n’est pas normal qu’il investisse deux fois plus dans les routes que dans le transport collectif. Investir dans le transport en commun permettrait de bien entretenir nos infrastructures et de développer de nouveaux projets, partout au Québec. Il est maintenant temps de faire front et de réclamer des actions concrètes pour la planète.
Les gouvernements doivent en faire plus pour les travailleuses et les travailleurs, préoccupés par les turbulences économiques. L’économie doit être au service de toutes et de tous et ne doit pas seulement profiter aux plus riches.
Les gouvernements donnent sans compter quand il est question d’aider les organisations privées. Le financement d’entreprises aux retombées économiques douteuses a fait les manchettes.
Avec une facture frisant les 500 millions de dollars, le cas de Northvolt montre à quel point nos gouvernements prennent de mauvaises décisions économiques qui nous coûtent cher collectivement. Pour la CSN, le développement stratégique d’une politique industrielle doit être réfléchi au bénéfice de l’ensemble des secteurs de l’économie et de toute la population.
Quand vient le temps d’aider les salarié-es, les gouvernements se font beaucoup moins insistants que pour aider les grands patrons. Ils devraient en faire plus alors que le monde de l’emploi se transforme rapidement. Il est nécessaire d’accompagner les travailleurs et les travailleuses pour qu’ils soient formés et qu’ainsi les secteurs d’avenir se développent. Les gouvernements doivent cesser de mettre des bâtons dans les roues des travailleuses et des travailleurs migrants par des politiques qui divisent, comme l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) le démontre.
C’est pourquoi la CSN fait front pour une économie durable au service du bien commun.
c’est d’abord et avant tout s’attaquer aux travailleuses et aux travailleurs. C’est s’attaquer aux préposé-es aux bénéficiaires, aux éducatrices en CPE et à celles en éducation, aux enseignantes, aux employé-es en épicerie, aux travailleurs de la forêt.
C’est aussi s’attaquer aux contre-pouvoirs, puisque les organisations syndicales servent aussi de rempart afin de s’opposer aux positions politiques contraires au bien de toutes et de tous. La CSN a toujours soutenu les organisations communautaires et les groupes sociaux progressistes. Nous affaiblir, c’est affaiblir l’ensemble de la société.
Les partis politiques doivent s’engager à retirer les lois et les projets de loi s’attaquant aux travailleuses et aux travailleurs.
L’État social, c’est ce qui nous permet de vivre ensemble et de redistribuer la richesse créée collectivement pour que tous et toutes puissent en profiter. Cette équité est fragile et doit absolument être préservée.
Nos services publics sont depuis des décennies sous-financés et ils se détériorent depuis trop longtemps. Que ce soit la présence de plus en plus pernicieuse du privé en santé, l’état pitoyable de nombreux bâtiments dans le réseau de l’éducation, ou les coupes touchant les services publics et les différents ministères, la détérioration de l’État social doit cesser.
Les partis politiques doivent s’engager à financer les services publics québécois à la hauteur des besoins de la population.
Les partis politiques au pouvoir depuis des décennies ont refusé de prendre les moyens pour y faire face. Au contraire, on semble maintenant naviguer en sens contraire.
Ce ne sont pas des infrastructures encourageant une utilisation toujours plus répandue de la voiture – comme le 3e lien –, qu’il nous faut.
Les partis politiques doivent s’engager à prendre immédiatement les moyens d’assurer une transition juste pour créer des emplois d’avenir en finançant, notamment, les transports collectifs à la hauteur des défis auxquels nous faisons face.
✓ Mieux pour les milliers de travailleuses et de travailleurs qui peinent à se loger malgré leur emploi.
✓ Mieux pour celles et ceux qui peinent à joindre les deux bouts malgré leur travail.
✓ Mieux que les scandales économiques coûteux qui font la manchette.
✓ Mieux que les réformes qui centralisent nos services publics.
✓ Mieux que l’austérité qui réduit l’état des services en éducation, en santé et en services sociaux.
✓ Mieux pour les milliers de familles qui attendent une place dans les services de garde éducatifs sans but lucratif.
✓ Mieux aussi pour l’avenir de notre planète.
Nous voulons un Québec qui s’engage dans la transition juste en créant des emplois durables dans des secteurs économiques verts comme le transport collectif.
C’est le Québec désiré par des milliers d’entre nous. Mais ce n’est pas celui du gouvernement caquiste et de ses allié-es. Il arrive au vote avec un bilan loin d’être reluisant.
Plutôt que de traiter les problèmes qui préoccupent la population, il casse du sucre sur les travailleuses et les travailleurs et propose des projets de loi qui ne profitent qu’aux patrons.
Nous devons faire front ensemble pour un autre Québec. Un Québec d’abord et avant tout pour celles et ceux qui le façonnent chaque jour : les travailleuses et les travailleurs.
Nous devons exiger que tous les partis politiques s’engagent pour défendre les droits des travailleuses et des travailleurs, pour préserver l’État social et pour assurer l’avenir de notre planète.
Nous demandons aux partis politiques de s’engager à retirer les lois et les projets de loi s’attaquant aux travailleuses et aux travailleurs. Nous exigeons qu’ils s’engagent à financer les services publics québécois à la hauteur des besoins de la population. Nous leur demandons finalement de prendre immédiatement les moyens d’assurer une transition juste pour créer des emplois d’avenir.
Le Québec de l’avenir doit donner les moyens aux travailleuses et aux travailleurs de bien vivre. On imagine un Québec fier de consolider ses services publics et de bâtir une économie verte qui crée des emplois durables.
Le gouvernement caquiste est en pleine débâcle et il a pris la décision de terminer son règne en se campant dans un programme résolument à droite, contre l’intérêt des travailleuses et des travailleurs et contre l’intérêt de la grande majorité de la population.
Les citoyennes et les citoyens ont perdu confiance dans les troupes de François Legault en raison de la crise du logement, de l’effritement des services publics, des scandales coûteux comme SAAQclic, Northvolt ou du troisième lien et de l’urgence climatique.
Mais le gouvernement ne cherche plus de solutions à ces problèmes, il pointe des coupables. Ces boucs émissaires préférés, ce sont les citoyennes et les citoyens issus de l’immigration et les syndicats. Ce gouvernement revanchard n’a pas digéré que des milliers de travailleuses et de travailleurs remportent des victoires syndicales majeures dans les dernières années.
Après le projet de loi 89 qui réduit le droit de grève, il s’en prend maintenant au droit démocratique de s’unir, pour faire taire toute opposition et pour faciliter la mise en place de son plan d’austérité et d’affaiblissement des services publics afin de mieux les livrer aux intérêts privés.
Derrière ce gouvernement, il y a une droite plus conservatrice que jamais qui s’attaque au modèle québécois du vivre ensemble. Une droite qui agite des épouvantails créant la division. Pendant que la CAQ divise, elle s’unit derrière les patrons d’ici et même ceux venus d’ailleurs. Des patrons comme ceux d’Amazon qui préfèrent se priver de profits plutôt que de respecter nos lois. Des élu-es qui tentent par tous les moyens d’affaiblir nos services publics dans le but de faire plaisir aux partisans de la privatisation.
La population n’est pas dupe. Elle voit bien que les attaques contre les syndicats et les personnes issues de l’immigration ne sont qu’une tentative de diversion pour faire oublier un bilan désastreux. Qu’ont-ils bâti pendant sept ans au pouvoir pour les Québécois et les Québécoises ?
Avec l’élection de Trump et d’autres dirigeants et dirigeantes d’une droite dure partout dans le monde, on aurait pu espérer que nos élu-es, particulièrement de la part de ceux qui se vantaient d’être nationalistes, adoptent un autre ton. Plutôt que de se distancer des politiques effrayantes de nos voisins du Sud, le gouvernement prépare un DOGE québécois pour s’acharner contre nos services publics. Ses priorités sont de casser la voix des travailleuses et des travailleurs en attaquant les syndicats, de s’en prendre aux immigrantes et aux immigrants et de plaider pour la loi et l’ordre. Ce virage conservateur est à des lieux du Québec qu’on veut, du Québec dont nous sommes fiers.